Changement de formule à partir de 2027/28
Ligue des Champions féminine EHF 2027/28 :Le nouveau format du tournoi prévoit la répartition des 16 équipes en quatre groupes de quatre. Le nombre de fédérations nationales qualifiées reste inchangé. Neuf nations conservent une place directe chacune :
Hongrie
France
Danemark
Roumanie
Allemagne
Croatie
Norvège
Slovénie
Monténégro
Suite au triomphe de Metz Handball en Ligue des Champions lors de la saison 2025/26, la France se hisse à la deuxième place du classement, juste derrière la Hongrie. La médaille de bronze du CSM Bucarest en 2025/26 propulse la Roumanie à la quatrième place, tandis que l'Allemagne gagne également une place et se classe cinquième.De plus, une place supplémentaire est attribuée à la fédération nationale la mieux classée de la Ligue européenne féminine de l'EHF. Au total, six places peuvent être promues en Ligue des Champions.




Handball féminin : l’EHF est-elle en train de reprendre la main ?
À première vue, la réforme des compétitions européennes féminines pour 2027/28 ressemble à une nouvelle modification de formule : seize équipes en Ligue des Champions, une European League élargie à 24 clubs et de nouvelles règles d’attribution des places.
Mais derrière cette mécanique apparaît une évolution plus profonde : l’EHF semble construire progressivement son propre écosystème de clubs féminins, avec sa hiérarchie et ses mécanismes de promotion.
Au point de poser une question : l’EHF est-elle en train d’occuper un espace que certaines fédérations nationales ne parviennent pas suffisamment à investir ?
Le championnat national ne suffit plus
Neuf fédérations disposeront d’une place garantie en Ligue des Champions 2027/28. Mais jusqu’à six clubs pourront également y accéder par des mécanismes d’« upgrade », tandis qu’une place supplémentaire reviendra à la fédération la mieux classée en European League.
La nuance est importante : l’EHF ne se contente plus de recevoir les clubs issus des compétitions nationales. Elle intervient davantage dans la composition de son élite.
Résultats européens, classement des fédérations, performances des clubs, places garanties, upgrades : l’Europe construit sa propre hiérarchie.
L’élargissement de l’European League renforce cette logique. Les performances au deuxième niveau peuvent ouvrir la porte du premier. Pour les grands clubs, le championnat national reste essentiel, mais leur installation durable dans l’élite dépend de plus en plus de leur trajectoire européenne.
Le paradoxe français et sa « Poor League »
La France illustre parfaitement cette contradiction. Grâce notamment au titre européen de Metz en 2025/26, elle occupe désormais la deuxième place européenne derrière la Hongrie. La victoire de Dijon en European League confirme la compétitivité des clubs français.
Et pourtant, le contraste avec leur environnement domestique reste saisissant.
Au risque de forcer le trait, la Ligue Butagaz Énergie ressemble parfois à une « Poor League » au regard du potentiel qu’elle abrite : des clubs capables de rivaliser avec les meilleurs d’Europe, mais un championnat qui peine à transformer cette excellence sportive en puissance économique, médiatique et commerciale.
C’est peut-être ici que la stratégie de l’EHF prend tout son sens
.
Si l’échelon national ne valorise pas suffisamment ses locomotives, l’Europe peut être tentée de le faire : davantage de grandes affiches, une hiérarchie plus lisible et un espace commercial réunissant les meilleurs clubs du continent.
La question devient alors provocatrice : si les championnats nationaux ne créent pas suffisamment de valeur autour de leurs meilleurs clubs, pourquoi l’EHF se priverait-elle de la créer elle-même ?
Jusqu’où ira l’EHF ?
Il serait excessif d’en conclure que l’EHF entend se substituer aux fédérations, indispensables aux championnats, à la formation et aux sélections.
Mais dans le handball féminin professionnel, le centre de gravité pourrait commencer à se déplacer.
Pour Metz, Brest, Dijon et les autres clubs français à ambition continentale, le paradoxe pourrait devenir spectaculaire : être demain davantage visibles, attractifs et valorisés en Europe que dans leur propre championnat.
La réforme 2027/28 ne tranche pas encore le débat. Mais elle pose une question désormais difficile à éviter :
Qui pilotera demain le développement du handball féminin de clubs : les fédérations et ligues nationales, ou l’EHF avec les grandes organisations européennes ? Et si l'EHF nous servait une League Européenne Fermée sur un plateau...... ml29