LFH : UNE NOUVELLE FORMULE POUR LA SAISON PROCHAINE

La Ligue Féminine de Handball a dévoilé son nouveau système de compétition. Entre retour des play-offs et modification du nombre de clubs, le championnat change de visage pour devenir, selon la Ligue, plus attractif et lisible.
Un choix qui questionne
Si l'objectif affiché est de rendre chaque match crucial, cette formule soulève plusieurs interrogations :
- La lisibilité : La formule actuelle est simple à comprendre pour un public non averti. Le nombre de "si" de cette formule peut rendre le tout complétement illisible.
- La santé des joueuses : Si le nombre de rencontres reste stable, le véritable point noir de cette réforme réside dans la concentration des matchs à très haute intensité. En rétablissant les play-offs, la LFH place les rencontres les plus décisives exactement au moment où les organismes sont les plus éprouvés. Notamment pour les équipes pouvant jouer les finalités en LDC. Enchaîner une finale de Coupe de France, un Final Four de Ligue des Champions et des finales de championnat sur quelques semaines demande une exigence physique et mentale totale. Le problème n'est pas seulement la fatigue, mais le niveau d'engagement requis. Contrairement à une fin de saison régulière classique où la hiérarchie est parfois déjà établie, chaque match de play-off se joue "à la vie, à la mort". Cette accumulation de matchs "couperets" augmente statistiquement le risque de blessures graves, ce qui pourrait impacter non seulement la fin de saison du club, mais aussi les compétitions internationales avec les sélections.
- L'overdose de chocs : Avec ce système, deux cadors comme Metz et Brest pourraient s'affronter jusqu'à 7 fois dans la saison (LDC, Coupe de France, saison régulière et finale). Le risque est de perdre le caractère exceptionnel de ces grandes affiches.
- Injustice sportive
Le système de play-offs peut s'avérer cruel. Une équipe comme Metz ou Brest, qui pourrait survoler le championnat et terminer avec +10 points d'avance, remet son titre en jeu sur seulement deux matchs (demi-finale et finale). Un mauvais soir, une blessure clé ou un fait de jeu peut annuler le travail de sept mois de régularité. Même principe pour le bas de classement. Si le principe des play-downs est calqué sur les play-offs, une équipe qui a lutté toute la saison pour ne pas être dernière peut se retrouver reléguée à cause d'un barrage raté face à une équipe pourtant moins bien classée voir, qui n'a gagné aucun match de la saison. C'est une instabilité financière et sportive majeure pour les "petits" budgets.
- Une perte de valeur pour la saison régulière
Pourquoi se donner à 100% pour finir 1ère si finir 4ème offre les mêmes chances de titre ? La motivation des gros clubs pourrait baisser lors de certains matchs de saison régulière, privilégiant la gestion des joueuses en vue des phases finales, ce qui pourrait nuire au spectacle global.
Et vous, que pensez-vous de ce retour aux play-offs ? Est-ce une bonne chose pour le suspense ou un risque pour l'équité sportive ?
Pour information :
Ce qu'il faut retenir du nouveau format :
- 12 clubs engagés (au lieu de 13 actuellement).
- Saison régulière de 22 matchs, suivie de finalités par paliers (1-4, 5-8, 9-12).
- Play-offs pour le titre : Le 1er affronte le 4ème, et le 2ème joue contre le 3ème (matchs aller-retour).
Les règles de départage (Aller-Retour) :
En cas d'égalité sur l'ensemble des deux confrontations, les critères sont les suivants :
- Différence de buts globale.
- Nombre de buts marqués à l'extérieur.
- Séance de tirs au but.
Qualifications Européennes :
EHF Champions League : Le champion de France (vainqueur de la finale).
EHF European League : Le vainqueur de la Coupe de France, le 1er de la saison régulière, et la meilleure équipe non-européenne après les finalités.
En cas de cumul de titres (Championnat, Coupe de France ou première place de la saison régulière), les places européennes vacantes sont redistribuées. Le ticket est alors attribué au club suivant le mieux classé à l'issue des phases finales (selon l'article 7.2 du Règlement Sportif LFH).
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Globalement, je ne suis pas plus conquis que vous tous par cette formule de LBE, même si je suis plus mesuré sur quelques points et que je trouve certaines critiques exagérées.
Par exemple, l'illisibilité de la formule est un faux argument de mon point de vue, car avant d'être lisible, il faudrait penser à être visible. Or la LBE est un véritable désert médiatique. Cette formule nous permettra peut-être d'avoir un vrai diffuseur (en gros payant) pour les demis et la finale.
Idem pour la parte de valeur de la LBE. Comment perdre quelque chose que l'on n'a déjà pas ? La LBE, c'est aujourd'hui un aller-retour Brest - Metz. Si la LBE valait quelque chose, un diffuseur l'achéterait. On en est loin...
Cette nouvelle formule générerait une overdose de chocs ? Tellement pas d'accord, seuls ces "chocs" peuvent attirer des médias, seuls ces chocs nous procurent des émotions.
Cette nouvelle formule serait injuste ? Pas plus que dans tous les sports où elle existe. Et qu'est ce que la justice sportive ? J'aime le frisson des phases finales de Top14 ou de NFL. Et ça ramène les diffuseurs, encore une fois.
Se bouger le cul pour retransmettre, au delà de la formule un peu démago, c'est justement ce que tente la FFH. Qu'on aime la proposition ou pas.
Bref, c'est pas la formule que j'aurai choisie, car je comprend et/ou partage certaines de vos interrogations / critiques, mais on va dans le bon sens et on essaye. La réduction du nombre d'équipes montre déjà que nos élites ont compris que le nombre ne sert pas notre sport. La base économique du hand ne permet pas de faire vivre autant d'équipes pro.